janvier 2026
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Les risques invisibles lors du soudage

Le courant électrique

Les soudeurs professionnels sont équipés au mieux ; ils portent à cet effet des casques, des gants et des vêtements dédiés qui les protègent des influences extérieures avec fiabilité. En revanche, on sous-estime souvent un danger invisible : le courant électrique.
(Texte - version abrégée)


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Soudage à l’électrode enrobée : deux personnes soudent simultanément sur la même pièce
Soudage à l’électrode enrobée : deux personnes soudent simultanément sur la même pièce

 

Le courant électrique

Les risques invisibles lors du soudage

Les soudeurs professionnels sont équipés au mieux ; ils portent à cet effet des casques, des gants et des vêtements dédiés qui les protègent des influences extérieures avec fiabilité. En revanche, on sous-estime souvent un danger invisible : le courant électrique.
(Texte - version abrégée)

Texte et photos : Fronius International GmbH

Un bref moment d’inattention peut avoir de lourdes conséquences. Un appel inattendu, une personne qui se tourne par réflexe et dont la main, non protégée, se saisit de l’électrode enrobée, et voilà le corps qui devient partie intégrante du circuit électrique. Des chaussures de travail isolantes ou encore un tapis de soudage en caoutchouc nitrile peuvent en pareils cas couper le courant électrique, et donc protéger de manière fiable.
Lorsqu’un courant électrique traverse le corps humain, il cherche toujours le chemin le plus court entre son lieu d’entrée et son lieu de sortie. Si ce chemin s’étend par exemple d’une main à l’autre, l’électricité va progresser non seulement dans les bras et la partie supérieure du corps, mais aussi dans des organes vitaux comme le cœur. Les conséquences peuvent alors s’avérer fatales (schéma 1).

 

Attention à la tension à vide

Avec les appareils électriques usuels, les parties sous tension sont protégées contre les contacts. Pour ce qui est du soudage à l’arc électrique, il existe cependant un risque élevé : la tension à vide peut entraîner une tension de contact dangereuse, notamment si la pièce à souder (masse) et l’électrode ou des parties non isolées du porte-électrode sont touchées simultanément. Le courant traverse alors le corps humain.
La tension à vide est soumise à des limites maximales fixées en fonction des conditions d’utilisation. L’électricité est dangereuse pour l’être humain à partir d’une tension alternative (valeur efficace) de 25 volts ou d’une tension continue de 60 volts, pour autant qu’un débit de courant suffisamment élevé soit possible en même temps.

Schéma 2 : Mesure de la tension avec un voltmètre.
Schéma 2 : Mesure de la tension avec un voltmètre.

 

Même de faibles intensités de courant peuvent être mortelles

Lorsqu’un courant électrique traverse le corps humain, il stimule les muscles, les nerfs et le système cardiovasculaire. Les conséquences peuvent aller des crampes musculaires à l’arrêt respiratoire, en passant par ce que l’on appelle les « brûlures électriques » : de petites brûlures ressemblant à des points qui apparaissent aux endroits où le courant entre et sort. Il existe un risque mortel à compter d’une intensité de courant de 30 milliampères seulement. Au-delà d’une intensité comprise entre 10 et 15 mA en cas de courant alternatif, ou proche de 50 mA en cas de courant continu, l’intensité des crampes musculaires peut-être telle que les victimes ne sont plus en mesure de lâcher les parties conductrices sans aide extérieure. Le risque est donc élevé pour les soudeurs au quotidien.
On considère que le courant alternatif est bien plus dangereux que celui continu, car il peut perturber le rythme cardiaque et déclencher une fibrillation ventriculaire. Par ailleurs, on sous-estime souvent le fait que même de faibles intensités de courant, comprises entre 1 et 10 mA, suffisent pour entraîner des réflexes involontaires qui, dans bien des cas, causent des accidents secondaires. Ce type de réactions incontrôlées peut par exemple mener à une chute de l’échelle ou d’autres blessures.
En plus de l’intensité, la durée de l’électrisation joue également un rôle décisif sur le risque de blessures. Plus elle est longue, plus les conséquences sur la santé sont graves. Il est donc indispensable pour les soudeurs de porter constamment des équipements de protection adaptés. En Europe, les gants de soudage doivent satisfaire aux exigences de la norme EN 12477, et les chaussures de travail à la classe de protection S3 conformément à la norme EN ISO 20345. 

Comment évaluer le danger ?

L’intensité de courant (I) dépend de la tension appliquée (U) et de la résistance (R). Elle suit la loi d’Ohm (U = R x I). Pour déterminer l’intensité du courant, on peut supposer une résistance corporelle (sans équipement de protection) de 1000 ohms entre les deux mains, ou entre la main et le pied. Si la plaque signalétique de l’appareil de soudage indique une tension à vide de 50 V, alors, d’après la loi d’Ohm (I = U / R), le corps pourrait être traversé par une intensité potentiellement mortelle de 50 mA.

Schéma 3 : Interruption au niveau des conducteurs de terre : le porte-électrode est posé de manière non isolée sur l’appareil de soudage.
Schéma 3 : Interruption au niveau des conducteurs de terre : le porte-électrode est posé de manière non isolée sur l’appareil de soudage.

 

Attention en cas de travail avec plusieurs appareils de soudage

Si des soudeurs utilisent plusieurs appareils de soudage simultanément pour travailler sur une pièce ou des composants reliés de manière conductrice, la tension de contact qui en résulte, et notamment la tension à vide, peuvent atteindre des valeurs inadmissibles. Or, il n’est pas toujours évident de reconnaître le danger de la situation.
Cette dernière devient particulièrement critique lorsque des polarités différentes sont utilisées en même temps pour le soudage : en cas de courant continu (DC), les tensions à vide des appareils de soudage concernés s’additionnent alors, ce qui peut entraîner des valeurs de tension très élevées.
« Sur les chantiers, ce n’est pas rare », déclare Franz Bichler, formateur en soudage chez Fronius International GmbH. « Il nous est souvent arrivé auparavant de souder des pièces longues de plusieurs mètres à deux ou à trois, et même avec des polarités différentes pour les composants complexes, afin d’obtenir des résultats optimaux. En l’absence de mise à la terre dans ce genre de cas, la tension totale peut traverser le corps des soudeurs et avoir des conséquences potentiellement mortelles, telles que des chocs électriques, des troubles du rythme cardiaque ou des brûlures graves. »
Lors du soudage en courant alternatif (AC), aussi bien la polarité des circuits électriques que le raccordement des appareils au réseau influencent la tension à vide qui en résulte. Dans des conditions défavorables, la tension de contact peut même être égale à la somme de toutes les tensions à vide des appareils utilisés. Il est donc impératif de mesurer la tension entre les torches de soudage ou entre les porte-électrodes avant d’entamer les travaux. La mesure est effectuée à l’aide d’un voltmètre dont les deux pointes de mesure sont directement placées sur la torche de soudage (porte-électrode) ; voir schéma 2. 

Résumé et conclusion

En matière de soudage, priorité est donnée à la sécurité. Une utilisation non conforme des appareils de soudage peut avoir de lourdes conséquences, notamment raison de tensions à vide élevées, d’intensités vagabondes ou de travaux avec un risque électrique accru. Ces risques peuvent néanmoins être considérablement réduits en respectant systématiquement les mesures de sécurité adaptées.
Une vigilance toute particulière est requise dans les environnements de travail humides et chauds, où l’efficacité de la protection octroyée par les vêtements et les équipements peut être altérée. En cas de dysfonctionnement, des mesures appropriées doivent être prises immédiatement afin d’éviter tout dommage corporel ou matériel.   ■