octobre 2026
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Éloïse Boschung, aujourd’hui en deuxième année d’apprentissage de constructrice métallique chez Clerc Métal Sàrl à Chénens (FR).
Éloïse Boschung, aujourd’hui en deuxième année d’apprentissage de constructrice métallique chez Clerc Métal Sàrl à Chénens (FR).

 

Donner envie de construire son avenir dans le métal

Comment un jeune découvre-t-il le métier qui lui correspond vraiment ? Pour Éloïse Boschung, aujourd’hui en deuxième année d’apprentissage de constructrice métallique chez Clerc Métal Sàrl à Chénens (FR), la réponse est passée par la pratique. Des recherches, plusieurs stages et surtout le plaisir de créer de ses propres mains lui ont permis de trouver sa voie. Son parcours rappelle combien la découverte des métiers et l’engagement des entreprises formatrices sont déterminants pour susciter des vocations.

Texte : Sven Jungo / photo : métal+toi 

Trouver le métier qui correspond

Choisir une profession à 15 ou 16 ans n’est pas une évidence. Les brochures et les présentations permettent de découvrir un métier, mais rien ne remplace l’expérience concrète d’un atelier, d’un chantier ou d’un bureau.
Éloïse a toujours été attirée par les métiers manuels. « J’aime créer », explique-t-elle simplement. Après plusieurs recherches et de nombreux stages, elle découvre la construction métallique : « Ça m’a tout de suite plu. »
Son parcours illustre l’importance de permettre aux jeunes d’essayer. Un stage ne débouche pas forcément sur un contrat d’apprentissage, mais il peut révéler des aptitudes, confirmer un intérêt et parfois faire naître une véritable vocation. Pour les entreprises, ouvrir leurs portes constitue ainsi une occasion de faire connaître la réalité et la diversité de leurs métiers.

Un métier qui évolue

La construction métallique d’aujourd’hui ne ressemble plus en tous points à celle d’hier. Les techniques, les machines et les outils évoluent. De nouvelles aides à la manutention facilitent notamment le déplacement et le positionnement d’éléments lourds, tandis que les équipements modernes accompagnent les professionnels dans de nombreuses tâches.
Ces évolutions méritent aussi d’être montrées aux jeunes. Derrière l’image d’un métier exigeant physiquement se trouvent des compétences variées : précision, réflexion, habileté manuelle, autonomie, travail en équipe et maîtrise technique.
Le profil d’Éloïse en est un bel exemple. Son formateur Yann Frossard la décrit comme « curieuse, à l’écoute, volontaire », avec une qualité de travail remarquable et d’excellents résultats à l’école professionnelle et aux CIE.

Donner envie et accompagner

Faire découvrir le métier n’est cependant qu’une première étape. Une fois l’apprentissage commencé, l’entreprise joue un rôle central dans l’expérience du jeune et son développement professionnel.
Pour Yann Frossard, l’ambiance de travail compte particulièrement : « Les jeunes sont aujourd’hui très sensibles à l’ambiance dans l’entreprise. Ils vont y passer quatre ans de leur vie et souhaitent évoluer dans un climat qui leur convient. »
Former demande du temps, de la disponibilité et des collaborateurs capables de transmettre leur savoir-faire. Mais c’est aussi l’occasion de voir un jeune gagner progressivement en compétences et trouver sa place dans la profession. Aujourd’hui en deuxième année, Éloïse dit se sentir « très à l’aise aussi bien dans son entreprise qu’à l’école ». ■

Trouver sa voie : l’expérience d’Éloïse

Éloïse Boschung et Yann Frossard reviennent sur son choix professionnel, son quotidien et ce qui peut donner envie à d’autres jeunes de découvrir la construction métallique.

Éloïse, avant de commencer ton apprentissage, avais-tu des appréhensions à l’idée d’intégrer un métier encore très masculin ?
Non, je n’avais pas vraiment d’appréhension. J’étais surtout enthousiaste à l’idée de faire un métier qui me plaisait et je ne pensais pas particulièrement au fait d’être « la seule fille ». Finalement, je me suis très bien sentie à ma place.

Comment réagissent tes collègues, les autres professionnels sur les chantiers ou les clients ?
Les réactions sont très positives. Mes collègues, les professionnels sur les chantiers et les clients sont généralement chaleureux et respectueux. Je n’ai pas l’impression d’être considérée différemment simplement parce que je suis une fille. Au contraire, les personnes avec qui je travaille apprécient ma présence et mon travail. Je pense que la présence des femmes dans ce domaine est aujourd’hui devenue beaucoup plus normale.

Que dirais-tu à un ou une jeune qui s’intéresse à la construction métallique mais qui hésite encore à se lancer ?
Je lui dirais que si cette personne est motivée et qu’elle aime la construction métallique, elle devrait oser essayer et ne pas se limiter à cause des idées reçues.

Le regard de Yann Frossard
Selon vous, qu’est-ce qui peut aujourd’hui freiner les jeunes dans leur choix de la construction métallique ?
C’est sûr que le métier demande une bonne condition physique. Je pense que ce sont plutôt le bruit et le fait de se salir les mains qui peuvent retenir les jeunes aujourd’hui.

Les entreprises ont-elles un rôle à jouer pour rendre ces métiers plus attractifs ?
Je pense que les jeunes sont aujourd’hui très sensibles à l’ambiance dans l’entreprise. Ils vont y passer quatre ans de leur vie et souhaitent évoluer dans un climat qui leur convient. C’est donc aussi sur cet aspect que nous devons travailler pour leur donner envie de faire un apprentissage.