Constructions de balcons : entre planification, exécution et normes
Expertise de construction de balcons
Les balcons et les avant-toits font partie des éléments exigeants de la construction métallique. Ils sont exposés aux intempéries, sont attachés à l’enveloppe du bâtiment et remplissent des fonctions importantes pour la sécurité. Les exigences de planification, de dimensionnement et d’exécution sont par conséquent élevées. Et il est d’autant plus important de respecter les points clés techniques. L’analyse d’une expertise permet d’expliquer les erreurs constatées et de savoir comment les éviter.
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Expertise de construction de balcons
Constructions de balcons : entre planification, exécution et normes
Les balcons et les avant-toits font partie des éléments exigeants de la construction métallique. Ils sont exposés aux intempéries, sont attachés à l’enveloppe du bâtiment et remplissent des fonctions importantes pour la sécurité. Les exigences de planification, de dimensionnement et d’exécution sont par conséquent élevées. Et il est d’autant plus important de respecter les points clés techniques. L’analyse d’une expertise permet d’expliquer les erreurs constatées et de savoir comment les éviter.
Une analyse actuelle de la technique de construction métallique d’un immeuble illustre les conséquences possibles de descriptions de prestations peu claires, d’un manque de planification et d’écarts par rapport à l’état de la technique. Cela peut aller des défauts de statique et de physique du bâtiment aux restrictions de l’aptitude à l’emploi.
Des bases peu claires, une source de risque
Un problème est apparu dès la confirmation de la commande : si les travaux de construction métallique étaient bien saisis en termes de quantités et de dimensions, les spécifications techniques n’étaient que rudimentaires. Aucun élément porteur n’a été pré-dimensionné et aucune exigence claire de fixation, de protection anticorrosion ou de détails de physique du bâtiment n’a été formulée.
Selon SIA 260, les ouvrages doivent toutefois être planifiés par des spécialistes qualifiés de manière à garantir la capacité de charge, l’aptitude à l’emploi et la durabilité. Sans ces bases, des marges d’interprétation se répercutent directement sur l’exécution, comme dans ce cas.
Structure porteuse et appuis : des détails sous-estimés
L’expertise des balcons montés a révélé des affaissements des consoles d’appui côté paroi à plusieurs endroits. Les causes étaient notamment les suivantes :
• Consoles sous-dimensionnées (voir paragraphe « Statique »)
Autres constatations :
• Tiges filetées montées en biais ou trop courtes
• Rondelles disposées de manière irrégulière
• Absence d’éléments de séparation thermiques pour les consoles traversantes
Ce dernier point est particulièrement critique dans le contexte actuel. Les consoles qui traversent la couche d’isolation nécessitent des appuis intermédiaires d’isolation afin d’éviter les ponts thermiques et donc la formation de condensation. Il manquait par ailleurs des étanchéités extérieures sur les points d’appui, l’humidité pouvait donc pénétrer dans la structure de la façade.
Outre une atteinte au bon fonctionnement de l’enveloppe sur le plan de la physique du bâtiment, il faut s’attendre à des dommages dus à l’humidité et à la formation de moisissures en raison de la condensation possible sur les murs côté pièce.
Fixations dans le béton : l’importance des distances au bord
La fixation des tôles frontales sur les têtes de dalles en béton a aussi été problématique. Les goujons d’ancrage inoxydables utilisés ici présentaient une distance au bord insuffisante par rapport à l’arête de béton.
Les mesures ont montré que les écailles du béton étaient probablement provoquées par des distances au bord trop faibles et par la pression sur les bords des supports en plastique.
Concrètement, cela signifie : même si la capacité portante de l’ancrage est suffisante, celles-ci perdent leur fonction.
Garde-corps de balcon : des normes claires
Les hauteurs de garde-corps mesurées étaient de 890 à 940 mm environ. Mais selon SIA 358, une hauteur minimale de 1,0 m s’applique aux bâtiments d’habitation (situation de risque 1, enfants sans surveillance).
Même si les remplissages de garde-corps n’étaient pas encore montés, la hauteur prescrite ne serait manifestement pas atteinte. Il n’y a donc clairement pas d’aptitude à l’emploi. Une situation classique dans laquelle les considérations de conception ou d’économie ne devraient pas l’emporter sur les exigences de sécurité.
Sol du balcon : des prescriptions système contraignantes
Le revêtement de sol a été réalisé avec des plaques système d’un fabricant spécialisé. Alors que la sous-construction était correcte en termes de distances d’appui, de nets écarts ont été constatés dans d’autres domaines :
• Pente insuffisante (parfois inférieure à 1,5 %)
• Joints trop étroits malgré les spécifications du système
• Décalages apparents en dehors des tolérances selon SIA 240
• Utilisation de vis galvanisées au lieu de fixations inoxydables
À cela s’ajoutent des plaques endommagées ainsi que de la rouille superficielle due à des copeaux d’acier.
Au final, le sol du balcon ne respectait plus l’état de la technique et nécessitait une réfection complète.
Sous-constructions extérieures en bois
La sous-construction en bois posée sur des balcons en béton existants a fait l’objet d’un examen particulièrement critique. Celle-ci était perpendiculaire à la pente, entravant ainsi l’écoulement de l’eau et favorisant son accumulation. De plus, le revêtement utilisé ne convenait pas à cette situation de montage.
Un bon exemple de la nécessité d’une planification détaillée et minutieuse pour les constructions hybrides (acier-bois-béton). Sans cela, le résultat est moins durable, peu importe la qualité des matériaux.
Moyens de fixation et protection anticorrosion
Les constructions de balcons et de balustrades ont été réalisées avec des vis zinguées ou galvanisées bleues de la classe de résistance 8,8. Selon SIA 179, ces fixations ne conviennent pas à une utilisation en extérieur, car leur résistance à la corrosion est limitée.
Il est recommandé d’utiliser systématiquement des vis, écrous et rondelles inoxydables de qualité A2 ou A4. Des absences de fixation ont en outre été constatées, ce qui indique des contrôles de montage insuffisants.
Surface : système duplex et exécution décisive
La structure en acier était galvanisée à chaud et dotée d’un revêtement supplémentaire. Il s’agissait donc d’un système duplex. La protection anticorrosion était en principe de grande qualité et même supérieure aux exigences contractuelles.
L’exécution présentait toutefois de nombreux dommages mécaniques : traces de ponçage, rayures, écailles et coupes insuffisamment réparées. Selon la fiche technique Metaltec Suisse TK 003, de tels défauts ne sont tolérés que de manière très limitée et discrète, surtout sur les mains courantes et les surfaces visibles.
Statique : capacité portante non garantie en continu
Un justificatif statique réalisé ultérieurement a certes confirmé le dimensionnement suffisant de la structure porteuse principale, mais a révélé des consoles sous-dimensionnées côté paroi. La capacité portante et l’aptitude à l’emploi des balcons n’étaient donc pas entièrement garanties.
Mesure immédiate recommandée : soutenir les balcons et en interdire l’accès jusqu’à l’amélioration de leur construction.
Conclusion pour la pratique
Le balcon examiné illustre bien que des lacunes de planification, des responsabilités peu claires et des écarts par rapport à l’état de la technique peuvent très vite se transformer en défauts de sécurité.
Enseignements pour les constructeurs métalliques et les planificateurs :
• Viser des spécifications techniques claires dès le contrat d’entreprise
• Élaborer à temps une planification détaillée de la statique et de la physique du bâtiment
• Respecter systématiquement les normes et directives du système
• Clarifier les interfaces entre l’architecture, la direction des travaux et l’exécution
• Contrôler la qualité sur le chantier, en particulier au niveau des fixations et de la protection anticorrosion
En ce qui concerne les balcons : ce ne sont pas des « éléments annexes », mais des constructions complexes nécessitant planification et exécution. ■
Chambre d’experts de Metaltec Suisse
Spécialistes indépendants réalisant des expertises, des analyses de dommages et le règlement des litiges dans la construction métallique, en acier, en verre et de façades. Les experts établissent des rapports objectifs et sont spécialisés dans l’analyse précise des défauts.
Contact : tél. 044 285 77 83 ou metaltec-experten@amsuisse.ch
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